GRANAJOLA

LAURE LIMONGI

 

Je ne sais absolument pas ce qui va se passer au sein de cet espace régulier d’expérimentation. Et vous savez quoi ? C’est tant mieux, pour vous comme pour moi car il s’agit d’une quête. Avec un peu de chance, nous serons surpris. Et avec encore davantage de chance, nous en serons ravis, emportés, déplacés.

Il y a un motif de départ. L’île. Ses contours. Une recherche formelle autour de cette figure de clôture, tantôt rassurante, tantôt oppressante.

Le titre que j’ai choisi, Granajola, ou plutôt « Granadiòla », comme il doit se prononcer, est volontairement opaque, mystérieux. C’est un cadeau pour l’imaginaire de chacun.

Certains entendront, dans « Granajola », un gâteau chocolaté un peu bégayé, d’autres seront sensibles à la graine initiale, d’autres, à la joliesse de la finale… au tangage de l’alternance des « a » et du « o ». Une poignée d’insulaire saura exactement où ça se situe.

« Granajola » n’occupe pas un espace de référencement démesuré sur Internet. Si vous tapez « Granajola » sur un moteur de recherche comme Google, vous allez tomber en premier lieu sur une carte très verte, très vide qui pointe justement le Granajola dont je parle.

C’est l’écart –même pas un hameau – d’où est originaire une partie de ma famille. ça fait au moins vingt-cinq ans que je n’y ai pas mis les pieds, mais ce minuscule point sur la carte ne cesse de palpiter dans mon imaginaire. Il existe comme une corde plus ou moins tendue, selon les jours et les circonstances, entre ce petit nombril et moi.

Ce qui m’a immédiatement frappé dans cette image, c’est la route qui relie Granajola et les villages ou hameaux alentours, Stazzona, Pie d’Orezza, Piedipartino, Carcheto, Carpineto… Elle dessine le tracé d’un cercle, d’une île.

Une île dans une île. Chercher ce motif insulaire partout où il pourrait se trouver – voire, où l’on pourrait le fabuler. Superposer les cartes. Retrouver les légendes, raconter des histoires.

Reinventer les planisphères. Perdre le nord ? Interroger le rapport des continents aux océans.

Ce qui pourrait dire beaucoup d’une certaine vision du monde, n’est-ce pas ?

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