Une île est une étendue de terre ferme entourée d’eau de tous côtés. On peut faire le tour de l’île. On rejoindra, strictement, le point de départ. Certains sont apaisés par cette circularité. D’autres s’y sentent à l’étroit. Tous en dépendent. Et tournent en rond. En poissons de terre ferme. Les yeux écarquillés, cillant peu. C’est un territoire qui lie. Des radicelles invisibles partent des poignets, du cou, des hanches, des chevilles, et vont s’enfoncer dans la terre. Elles creusent de petits sillons, tout aussi invisibles, quand l’insulaire se déplace. Ça fait un dessin savant. Une carte. Ses racines le suivent partout. Certains jours, elles pèsent un peu, tirent l’attache. Mais si on essayait de les ôter, la chair ne le supporterait pas. Et le lien dissout, le corps s’envolerait, sans rien qui le retiendrait, vers la froideur des étoiles. Quelques instants avant de toucher la morsure du ciel rongé d’obscurité, on pourrait contempler la forme de l’île, non plus représentée, photographiée par satellite, dessinée, mais vraiment appréhendée. Enfin.